Par Frances Lo

Vos vêtements vous rendent-ils heureux? Ou, après que l’excitation de la frénésie de magasinage s’estompe, vos nouveaux articles ont-ils tendance à perdre leur magie en magasin au moment où ils atteignent votre garde-robe?

Une nouvelle enquête sur les habitudes d’achat internationales a révélé que nous achetons beaucoup plus que ce dont nous avons besoin et que nous en utilisons. Les deux tiers des résidents de Hong Kong admettent posséder plus que ce dont ils ont besoin. Il en va de même pour 60% des Chinois et plus de la moitié des répondants allemands et italiens. Mais la surconsommation insensée de la mode est devenue notre norme culturelle.

Les achats en ligne alimentent cette surconsommation. Il est plus facile que jamais d’acheter de nouveaux vêtements en cliquant sur les flux de médias sociaux chaque fois que vous voyez quelque chose que vous aimez. Et c’est une habitude qui prend du temps: le consommateur chinois moyen passe au moins deux heures à faire des achats en ligne chaque jour.

Les raisons en sont émotionnelles et sociales. Pour beaucoup, les achats de confort se produisent lorsque les gens ont besoin de canaliser leurs angoisses. Le shopping est un moyen de tuer le temps, de soulager le stress et d’éviter l’ennui. Mais le frisson bon marché d’acheter quelque chose de nouveau disparaît assez rapidement. La moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’excitation immédiate d’une virée shopping durait moins d’une journée. Après la frénésie vient la gueule de bois.

Lorsqu’ils ne font pas leurs courses, environ un tiers des personnes d’Asie de l’Est interrogées avouent se sentir vides, ennuyées ou perdues. De plus, environ la moitié se sentent coupables de leurs habitudes d’achat, cachant parfois leurs achats aux autres par peur de réactions négatives ou d’accusations de gaspillage d’argent. Le shopping ne nous rend pas heureux. Nous en possédons déjà trop et nous le savons.

Greenpeace

Alors pourquoi magasinons-nous? Nous sommes à la recherche d’excitation, cherchant à augmenter notre estime de soi, notre confiance et notre reconnaissance. L’activiste médiatique et critique publicitaire américain, Jean Kilbourne, a commenté à quel point les annonceurs s’insinuent en exploitant les désirs humains fondamentaux comme l’amitié, le bonheur et le succès dans la publicité à des fins lucratives.

Le résultat est « Stuffocation », un terme inventé par le prévisionniste culturel britannique James Wallman. Il décrit un état où la vie des gens est piégée dans un cercle vicieux de travail et d’accumulation de produits afin de suivre le rythme du consumérisme. Cela alimente l’anxiété de la vie moderne; détruire la planète tout en nous empêchant de mener des vies plus imaginatives et épanouissantes. Le matérialisme nous dévore à l’envers.

Alors, comment l’arrêter? Notre enquête a montré que les annonces, les promotions et les fonctions d’achat en 1 clic sont toutes conçues pour déclencher des achats impulsifs. Le taux d’achat augmente plus les entreprises accélèrent la livraison. Par conséquent, plus le processus d’achat est lent, plus le désir de magasiner est faible. Pour nous libérer du cycle du consumérisme, nous devons ralentir.

La prochaine fois que vous vous apprêtez à acheter quelque chose de nouveau en ligne, donnez-vous quelques minutes pour réfléchir. Dormez dessus et voyez si vous le voulez toujours le matin. Lorsque nous éteignons nos téléphones et que nous sortons à l’extérieur plutôt que dans les centres commerciaux, nous n’achèterons pas autant.

La joie de vivre est finalement définie par nos relations les unes avec les autres et le lien que nous ressentons avec l’environnement naturel. Au lieu de nous encombrer, profitons du véritable bonheur qui découle d’une vie épanouie.

Frances Lo est une militante de Greenpeace Taiwan, qui travaille sur la surconsommation.

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